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MissPotatoe

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Je fais de la purée avec des idées, je les prends, je les épluche, je les hache, je les mixe, je les mâche, je les digère.

Il m'en faut plein.

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#Posté le samedi 13 septembre 2008 14:13

Rock'n Pope


Paul Pope est à la bande dessinée, ce qu'était Vincent Gallo
au cinéma au début
des années 90
(avant que ça tourne narcissico-vinaigre) :
un souffle rock'n roll et chevelu, avec de l'idée
et de l'inattendu (il n'y a qu'à voir la prestation
de Gallo dans The House of the Spirits,
de Bille August, 1993, ou les traits des premiers romans graphiques de Pope, Arnaque à l'arraché, ou Escapo).

Gallo a continué de regarder ses poils pousser dans le miroir tandis que Pope, recruté par Kodansha, la plus grosse maison d'édition japonaise, a appris la rapidité d'exécution, des découpages méconnus en Occident, et la souplesse, l'adaptation. Des qualités essentielles qui lui permettent, de retour aux Etats-Unis, de progresser à pas de géants dans ses projets personnels – et de faire carrière en tant que designer chez DKNY et Diesel.

C'est ainsi que Heavy Liquid (Dargaud, 2007), quoique mettant en scène ce même personnage aux traits de l'auteur vu dans Arnaque à l'arraché, propose dans une pagination conséquente (pour une BD occidentale, plus de 200 pages – et, oui chers connaisseurs, ils sont nombreux à avoir fait bien plus – Alan Moore, Craig Thompson, etc.) une histoire sombre, rappelant le roman noir de la grande époque dans sa trame la plus classique : un ancien flic accro au heavy liquid, se retrouve embarqué dans un contrat qui le met sur la piste de son ex-petite amie, avec, aux trousses, des «clowns» de la pègre et un représentant pas commode des autorités.

L'habillage est résolument moderne (légère science-fiction, juste quelques gadgets prétextes) et l'ambiance parfaitement urbaine et dark (gang de filles, «sadofilms», séparations et solitudes). Le trait de Pope a gagné en légèreté, l'action est omniprésente, on le suit, on en redemande.

On objectera sûrement que son scénario n'est pas carré, que l'ensemble est brouillon «mal dessiné» (!!). Heavy Liquid a pourtant quelque chose à voir avec l'honnêteté d'un travail personnel abouti : on sent l'auteur derrière même si, en dehors du physique de son personnage principal miroir, il ne se déballe pas comme certaines BD intimistes très en vogue.

A lire, à consulter :
Le blog de Paul Pope (EN)
Une itw réalisée par Arte (FR)
Un article de Wired sur Paul Pope (EN)


Dessin: http://pulphope.blogspot.com/
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#Posté le dimanche 03 août 2008 13:51

Modifié le lundi 04 août 2008 03:07

Yu Hua, l'optimiste

Yu Hua écrit des romans aux trames simples, aux phrases courtes, au style envoûtant. Le genre qui glisse directement de la lecture aux récepteurs émotionnels.

Ses personnages, quoi que chinois, extrêmement pauvres, et soumis à un régime qui ramasse jusqu'aux miettes, sont proches de nous autres lecteurs occidentaux, car on nous les donne à voir sous l'angle de leur humanité: comment ils aiment, comment ils trompent et se trompent, comment - finalement - ils ressemblent à leur chef de village, leurs voisins - à nous-mêmes.

Comme toutes les bonnes histoires, celles de Yu Hua comptent quelques grosses ficelles qui accentuent le pathos et de là, renforcent le lien affectif du lecteur avec les personnages. Dans Vivre! (1993), Fugui, cet ancien propriétaire foncier qui a dilapidé son argent au jeu, maltraité sa femme et sa belle famille et s'est comporté grossièrement avec à peu près quiconque croisait son chemin, a pourtant immédiatement notre sympathie grâce à un procédé de narration vieux comme la fiction, qui consiste à faire du locuteur de l'histoire un personnage vieux, au crépuscule de sa vie. Fugui est, dès les premières lignes celui par qui le récit nous vient (et pour cela nous lui en sommes d'emblée reconnaissant), et le premier témoin de lui-même, de sa propre vie, ce qui nous ôte tout rôle de juge ou de jury. Sans compter que le bougre est blagueur - notamment avec son bestiaux auxquels il aime faire des farces.

Adapté au cinéma par Zhang Yimou (auquel on doit le flamboyant Hero, 2002, le très onéreux Cité interdite, 2007, ainsi que les cérémonies des JO de Pékin) Vivre! dit la difficulté d'avancer mais aussi la réjouissance d'événements minuscules et/ou inattendus.

On lira aussi l'étonnant Vendeur de sang,l'histoire d'un pauvre homme qui vend son sang pour se faire trois ronds, fracasse son monde quand il apprend que son fils chéri n'est pas son fils, mais continue de donner ses globules pour payer des nouilles aux siens.

Je me rends compte, à la relecture, que tout cela à l'air terriblement déprimant alors que ça ne l'est pas. Parce que justement, les personnages de Yu Hua ont cette foi de continuer, de se satisfaire, qui peut-être, parfois, nous fait défaut.


A lire, l'interview de Yu Hua, réalisée par Papiers de Chine.
Photo: Yu Hua, DR
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#Posté le lundi 14 juillet 2008 12:43

Modifié le lundi 04 août 2008 03:09

Fondamental

LOL
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#Posté le dimanche 11 mai 2008 12:11

Modifié le mardi 13 mai 2008 05:33

"The Tyger", en texte et en images

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Guilherme Marcondes est un directeur de films d'animation. Il fait beaucoup dans la pub, il a réalisé des chantiers pour des boîtes comme Diesel ou MTV. Quand il ne travaille pas pour la World Company, il fait dans la poésie hyperbolique et les marionnettes rebondissantes.

Tyger, réalisé en 2005, est écrit d'après le poème éponyme de William Blake:

The Tyger
Tyger! Tyger! Burning bright,
In the forests of the night,
What immortal hand or eye
Could frame thy fearful symmetry?

In what distant deeps or skies
Burnt the fire of thine eyes?
On what wings dare he aspire?
What the hand dare seize the fire?

And what shoulder, and what art,
Could twist the sinews of thy heart?
And when thy heart began to beat,
What dread hand? And what dread feet?

What the hammer? What the chain?
In what furnace was thy brain?
What the anvil? What dread grasp
Dare its deadly terrors clasp?

When the stars threw down their spears,
And water'd heaven with their tears,
Did he smile his work to see?
Did he who made the Lamb make thee?

Tyger! Tyger! burning bright
In the forests of the night,
What immortal hand or eye
Dare frame thy fearful symmetry?


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#Posté le dimanche 11 mai 2008 06:54

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